Lauréat 2017



Jean-Baptiste Del Amo
Lauréat 2017 du Prix Valery Larbaud

 Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo, publié chez Gallimard a été couronné le 22 mars 2017 par le Prix littéraire Valery Larbaud.  


Jean-Baptiste Del Amo, pseudonyme de  Jean-Baptiste Garcia, est né le 25 novembre 1981 à Toulouse. Après un cursus littéraire, le jeune homme travaille comme animateur socio-culturel, avant de partir pour une mission humanitaire au sein d'une association de lutte contre le VIH en Afrique. 

Ce séjour va lui inspirer un texte  Ne rien faire  paru en 2006 (Buchet et Chastel) et  récompensé par le prix du Jeune écrivain francophone. Cette nouvelle qui se déroule en Afrique le jour de la mort d'un nourrisson, est une fiction autour du silence, du non-dit et de l’apparente inaction. 

En 2008, il publie chez Gallimard son premier roman Une éducation libertine évoquant l’homosexualité, la prostitution et le libertinage bourgeois dans le Paris de la fin du XVIIIe siècle. A mi-chemin entre le roman historique et le roman d’apprentissage, cet ouvrage reçoit notamment le prix Goncourt du premier roman, décerné à l’unanimité, ainsi que le prix François Mauriac. 

En 2010, Jean-Baptiste Del Amo part à Rome et devient pensionnaire de la Villa Médicis. La même année, paraît Le sel, huit-clos familial où pèsent les non-dits, les silences et les rancœurs. Un an plus tard, il préface le livre d'art Hervé Guibert, photographe (Gallimard). 

En 2012, il reçoit la bourse écrivain de la Fondation Lagardère. Pornographia son troisième roman est édité en 2013 et obtient le Prix Sade. On retrouve alors les thèmes récurrents de l’œuvre de Jean-Baptiste Del Amo : la quête identitaire, le corps, la mort et la sexualité au cours de cette plongée crue et hallucinée dans les sombres plaisirs du sexe. Deux ans plus tard, il est lauréat de la Villa Kujoyama à Kyoto. 

En août 2016, Jean-Baptiste Del Amo fait paraître Règne animal. L’écrivain dépeint l’évolution, entre 1898 et 1981, d’une petite exploitation familiale dans le Gers en un élevage porcin intensif. Peu à peu, la porcherie devient un miroir tendue à la folie de cette famille dans laquelle la violence se transmet de génération en génération. 

Un roman sur la dérive d’une humanité acharnée à dominer la nature, et qui dans ce combat sans pitié révèle toute sa sauvagerie – et toute sa misère. Une descente aux enfers racontée dans un livre puissant. Cet ouvrage a été récompensé par le Prix des Librairies de Nancy-Le Point, le premier prix de l’Ile de Ré et le prix Les lauriers verts. 


Programme 2017

Sélection Jury 2017

Natacha Appanah. Tropique de la violence. Gallimard. 2016

Résumé :

Tropique de la violence  est une plongée dans l’enfer d’une jeunesse livrée à elle-même sur l’île française de Mayotte, dans l’océan Indien. A Gaza, bidonville proche de Mamoudzou, la plus grande ville du 101e département français, l’auteur nous invite à suivre le destin de cinq adolescents mahorais, abandonnés par leurs parents, et nous révèle l’ultra violence de leur quotidien. 

Un roman rude, écrit avec force et réalisme.
"Il faut me croire. De là où je vous parle, les mensonges et les faux-semblants ne servent à rien... De là où je vous parle, ce pays ressemble à une poussière incandescente et je sais qu’il suffira d’un rien pour qu’il s’embrase."

Biographie :


Descendante d’ "engagés" indiens immigrés, Nathacha Appanah naît le 24 mai 1973 à Mahébourg sur l’île Maurice. A seulement 17 ans, elle remporte le premier prix d’un concours littéraire organisé par un journal local. Après des études littéraires, elle s'installe en 1998 en France et termine sa formation dans le domaine du journalisme et de l'édition. L’année suivante, elle travaille en free-lance pour la presse écrite et en radio (Géo Magazine, RFI...)

Son premier roman Les Rochers de Poudre d’Or est publié en 2003 chez Gallimard. Nathacha Appanah met en scène l’épopée des travailleurs indiens venus remplacer les esclaves dans les champs de canne à sucre de l’Ile Maurice.

Plus contemporain, son second roman paru en 2004 Blue Bay Palace, décrit la passion amoureuse et tragique d’une jeune indienne à l’égard d’un homme qui n’est pas de sa caste. 

En 2006, elle devient rédactrice pour l’Organisation Européenne des Maladies Rares (EURORDIS) et consacre le reste de son temps à écrire et à traduire.

Un an plus tard, elle fait paraître Le Dernier Frère (Ed. de l’Olivier) dans lequel on suit la rencontre, dans les années 40, de Raj, un garçon mauricien et de David, un jeune juif refoulé de Palestine et déporté, comme tant d’autres sur l'île Maurice, alors colonie britannique. Couronnée par plusieurs prix littéraires, Nathacha Appanah prouve de roman en roman qu’elle construit une œuvre tragique, réaliste et puissante.

En 2016, sort son dernier ouvrage Tropique de la violence (Gallimard), qui lui a été inspiré par un séjour de deux ans à Mayotte. Ce roman choral a reçu le prix Fémina des lycéens et le prix France-Télévisions. 

Librairie Mollat
La Grande Librairie
Le Monde Afrique
France Culture

Mark Greene. Comment construire une cathédrale. Plein jour. 2016

Résumé :

A l’instar de la Sagrada Familia de Gaudí à Barcelone, projet monstre du modernisme catalan, il existe la cathédrale Nuestra Señora del Pilar, elle aussi inachevée, à Mejorada, dans la région de la Mancha, chère à Cervantès. Elle est l’œuvre de Justo Gallego, qui suite à sa guérison de la tuberculose, s’est attelé à ce projet fou conçu comme un ex-voto. Quand un romancier rencontre un Don Quichotte des temps modernes.. 

"Nous y sommes. La cathédrale, altière et absurde, construite par un seul homme. L’œuvre d’une vie. Elle se dresse devant moi. Ce n’est pas un mirage. Elle se tient debout. Un chantier de plus de cinquante ans. Un chantier sans fin et dont on peut souhaiter, secrètement, qu’il n’ait pas de fin."

Franco-américain, Mark Greene, né en 1963 a vu le jour et grandi à Madrid. Qui est-il ? Voici comment il se définit : "J'ai envie de répondre : pas grand-chose... Un type, une silhouette, un passant... Une tête pleine de souvenirs... Une histoire qui avait bien commencé, en Espagne, dans les années soixante... Qui se prolonge de manière plus confuse, plus douloureuse, mais avec, tout de même, une forme de fidélité... ". 

On l’aura compris, Mark Greene est un personnage très discret. Il se fait connaître en 2004 par la publication de son premier roman Le lézard (Fayard) qui, construit comme un polar psychologique, ouvre une réflexion sur les questions de l'apparence, de l'esthétisme à tout prix et de la manipulation mentale. 

Avec Les maladroits paru en 2007 (Fayard), l’auteur évoque une amitié reposant sur le fragile équilibre dominant-dominé, jusqu’au jour où cet équilibre se rompt et l’amitié commence à se déliter.

En 2013, son troisième roman Le ciel antérieur (Seuil) conjugue l’ampleur des grands espaces et l’énigme de la création individuelle. Mark Greene nous livre ainsi l’histoire de trois aventuriers de l’écriture happés, entre ciel et terre, par le vertige de l’inconnu. 

Il fait paraître en 2016 45 tours (Payot & Rivages) qui plonge le lecteur dans l'existence tumultueuse de deux stars de la pop des années 80. Comme dans ses œuvres précédentes, Mark Greene dépeint les fêlures et les contradictions de ses antihéros, dans la droite lignée d'un Emmanuel Bove. 

Comment construire une cathédrale ? (Plein jour) édité la même année, est un court roman sur l'histoire de Justo Gallego qui, depuis plus de cinquante ans, construit, seul, une cathédrale dans la banlieue de Madrid.

La Croix
Viabooks
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Faut pas rêver

Luc Lang. Au commencement du septième jour. Stock. 2016

Résumé :

A 4 h du matin, Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d'avoir un très grave accident, sur une route où elle n'aurait pas dû se trouver. Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu'il incarne : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d'abîmes sous ses pas.


"La déchirure s’agrandit, le plan de lumière vive gravit la pente, il approche, inondant l’ensemble du cirque, Thomas se sent seul dans un paysage qu’il pensait frappé d’obsolescence, c’est le souffle d’une déflagration qui le repousse vers ce qu’il pensait révolu, c’est l’absence de Camille qui le déporte en cet endroit où il ne devrait plus être."

Biographie :

Luc Lang est né en 1956 à Suresnes dans une famille ouvrière. Il enseigne l’esthétique à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy. 

Il publie, en 1988, son premier roman Voyage sur la ligne d’horizon (Gallimard). Dès lors, Luc Lang va construire pierre après pierre un univers romanesque bien à lui, plongeant le lecteur dans le tremblement intérieurs de ses héros. 

En 1991, sort Liverpool marée haute où le héros, M. Finley, se voit désigner pour mener à son terme le projet d'une exposition qui doit inaugurer avec faste la nouvelle Tate Gallery dans les docks de Liverpool. 

Quatre ans plus tard, il est lauréat de la Villa Kujoyama . Il publie alors Furies, un suspense sentimental où le héros en mettant la main sur le journal de son amour d’enfance, se perdra dans une recherche entêtée de la vérité.

En 1998, il reçoit le prix Goncourt des lycéens pour Mille six cents ventre (Fayard), roman drôle et inclassable où le personnage principal détient le pouvoir sur les ventres des 1600 détenus de la prison de Strangeways à Manchester. 

D’autres romans publiés chez Stock suivent : 11 septembre mon amour (2003) ou Mother (2012) et enfin, L’autoroute (2014), roman brillant sur l'influence des gens aimés, le regret et la nostalgie, les rêves avortés qui laissent sur le bord de la route et finissent par rendre fou.

Luc Lang est également un théoricien de l'art, auteur de monographies d'artistes et de textes d'esthétique sur l'art contemporain, l'architecture et la littérature. 

Au commencement du septième jour, que l’auteur lui-même qualifie de  « roman géographique ».


Jean-Baptiste Del Amo. Règne animal. Gallimard. 2016

Résumé :


« Règne animal » retrace l’évolution, entre 1898 et 1981, d’une petite exploitation familiale dans le Gers en un élevage porcin intensif. Peu à peu, la porcherie devient un miroir tendu à la folie de cette famille dans laquelle la violence se transmet de génération en génération. Un roman sur la dérive d’une humanité acharnée à dominer la nature, et qui dans ce combat sans pitié révèle toute sa sauvagerie – et toute sa misère. Une descente aux enfers racontée dans un livre puissant.



"Ils ont modelé les porcs selon leur bon vouloir, ils ont usiné des bêtes débiles, à la croissance extraordinaire, aux carcasses monstrueuses, ne produisant presque plus de graisse mais du muscle. Ils ont fabriqué des êtres énormes et fragiles à la fois, et qui n'ont même pas de vie sinon les cent-quatre-vingt-deux jours passés à végéter dans la pénombre de la porcherie, un cœur et des poumons dans le seul but de battre et d'oxygéner leur sang afin de produire toujours plus de viande maigre propre à la consommation."

Biographie :


Jean-Baptiste Del Amo, de son vrai nom Jean-Baptiste Garcia, est né le 25 novembre 1981 à Toulouse. Après un cursus littéraire, le jeune homme travaille comme animateur socio-culturel, avant de partir pour une mission humanitaire au sein d'une association de lutte contre le VIH en Afrique .

Ce séjour va lui inspirer un texte   Ne rien faire  paru en 2006 (Buchet et Chastel).  Cette nouvelle qui se déroule en Afrique le jour de la mort d'un nourrisson, est une fiction autour du silence, du non-dit et de l’apparente inaction.

En 2008, il publie chez Gallimard son premier roman Une éducation libertine  mettant en scène l’homosexualité, la prostitution et le libertinage bourgeois dans le Paris de la fin du XVIIIème.

En 2010, Jean-Baptiste Del Amo part à Rome et devient pensionnaire de la Villa Médicis. La même année, paraît Le sel, huis-clos familial où pèsent les non-dits, les silences et les rancœurs. 

Pornographia, son troisième roman, est édité en 2013. On retrouve alors les thèmes récurrents de l’œuvre de Jean-Baptiste Del Amo : la quête identitaire, le corps, la mort et la sexualité au cours de cette plongée crue et hallucinée dans les sombres plaisirs du sexe. Deux ans plus tard, il est lauréat dela Villa Kujoyama à Kyoto. 

En août 2016, Jean-Baptiste Del Amo fait paraître l’année suivante Règne animal, qui retrace l’histoire d’une exploitation agricole familiale.